Lola Administrateur

 Age : 28 Inscrit le : 28 Déc 2005 Messages : 92 Ville : Marseille, en Provence - France naturiste depuis : l'enfance Loisirs : escalade, randonnues, ouebmasteringe, ski...
 | Sujet: Champion de l'éthanol, le Brésil veut faire des émules... Dim 09 Avr 2006, 21:18 | |
| Sao Paulo - AFP - 08-04-06 Premier pays au monde à avoir imposé l'éthanol à base de canne à sucre comme alternative à l'essence, le Brésil veut faire des émules en Amérique latine et ailleurs afin de créer un grand marché pour les biocarburants.
"Nous ne serons pas l'Arabie saoudite de l'éthanol", a récemment déclaré Eduardo Pereira de Carvalho, président de l'union de la filière canne à sucre UNICA. "Nous ne prétendons pas être le seul fournisseur et producteur au monde", a-t-il souligné.
"Le Brésil est prêt à partager sa technologie" en matière d'éthanol comme de biodiesel produit à partir d'oléagineux, a de son côté déclaré jeudi le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva à l'occasion du Forum économique mondial sur l'Amérique latine.
Comme l'éthanol, "le biodiesel est un projet que nous voulons pour l'Amérique latine et l'Afrique", a-t-il dit.
Le Brésil, principal producteur d'alcool à base de canne à sucre est le premier pays à avoir implanté depuis trois ans avec succès la technologie "flex fuel" permettant aux voitures de rouler indifféremment à l'essence, additionnée de 20% d'alcool, ou à l'éthanol pur. Plus de 70% des voitures immatriculées actuellement au Brésil sont équipées de moteurs bi-carburant.
Anthony Wayne, secrétaire d'Etat adjoint américain pour les affaires économiques, a souligné que les Etats-Unis, autre grand producteur d'alcool, "regardent les biocarburants avec un oeil neuf", lors d'un débat jeudi dans le cadre du Forum.
"Nous sommes engagés dans un programme de diversification des sources d'énergie" afin de diminuer la dépendance vis-à-vis du pétrole importé, a souligné M. Wayne.
Signe de cet intérêt, une mission de sénateurs américains est arrivée vendredi au Brésil pour étudier le programme brésilien de bioéthanol.
"Il existe un large champ pour le dialogue et la coopération avec le Brésil", selon M. Wayne. Des propos auxquels l'ambassadeur du Brésil aux Etats-Unis Roberto Abdenur a fait écho, en soulignant les possibilités de partenariat.
M. Abdenur a toutefois appelé les Etats-Unis, qui selon lui vont "connaître une pénurie d'éthanol", à abaisser leurs taxes à l'importation. En 2005, le Brésil a exporté pour 77,462 millions de dollars d'alcool vers les Etat-Unis.
De son côté le ministre de l'Industrie Luiz Fernando Furlan a récemment reçu une délégation de Californie, qui étudie la possibilité de porter de 5,6% à 10% la part de l'alcool dans l'essence, et explore avec l'Afrique du Sud les possibilités de coopération afin de développer les biocarburants en Afrique.
Pour Henry Joseph, directeur de l'Association des constructeurs automobiles brésiliens (ANFAVEA), "dans les prochaines décennies l'éthanol sera utilisé dans de nombreux pays". Il prévoit aussi un avenir prometteur à l'alcool à base de lignocellulose (bois) lorsque la recherche aura abouti.
Toutefois, selon Jed Bailey du consultant américain Cambridge Energy Research Associates, le pétrole ne va pas disparaître. "Il y aura un changement progressif au fur et à mesure que de nouvelles sources d'énergie entreront dans le modèle énergétique", a-t-il estimé.
Les biocarburants peuvent selon lui occuper une "niche" dans le secteur des transports, notamment en Amérique centrale.
José Goldemberg, secrétaire à l'environnement du l'Etat de Sao Paulo, pense au contraire que "le remplacement de l'essence par l'éthanol peut être atteint".
Pour que la part de l'éthanol dans l'essence passe de 2% à 10% dans le monde, il suffirait selon lui de planter neuf millions d'hectares en canne à sucre, en plus des 20 millions existant.
L'UNICA considère de son côté que le Brésil dispose de suffisamment de terres arables pour répondre à la demande. La superficie plantée en canne à sucre s'élève à 5,5 millions d'hectares. Selon M. de Carvalho, 100 à 150 millions d'hectares sont disponibles au Brésil pour planter la canne à sucre sans irrigation et sans abattre un seul arbre, notamment sur d'anciens pâturages. |
|